Lors
d’un départ en voyage, il est indispensable d’emporter une trousse à
pharmacie. Son contenu varie selon de nombreux paramètres.
Un contenu personnalisé
La trousse à pharmacie doit être adaptée :
Au voyageur :
Âge, sexe, antécédents et état physiologique actuel (grossesse par
exemple), contre-indications éventuelles et interactions
médicamenteuses en cas de traitement en cours.
A la destination : Pays développé ou non, tropiques, altitude, froid ou chaleur extrêmes...
Au motif du voyage
(tourisme, voyage d’affaires) : Un épisode de turista fait partie des
désagréments "acceptables" dans le premier cas, parfois intolérables
dans le second.
Aux conditions générales du voyage :
Individuel, familial, groupe, sportif; isolement. La plupart des
agences organisant des voyages sportifs en situation plus ou moins
isolée fournissent une pharmacie de groupe assez complète, dont il est
possible de connaître la composition avant le départ pour
éventuellement la compléter.
A la durée : Brève
ou prolongée, elle peut influer à la fois sur les quantités à emporter
mais aussi sur la composition. Par exemple, pour un séjour de moins de
8 jours en zone impaludée, si le risque est faible ou la prophylaxie
difficile, l’abstention chimioprophylactique peut être un choix et il
est inutile d’emporter un traitement de réserve. Mais dans ce cas, il
faut particulièrement insister sur la prévention des piqûres de
moustiques et la vigilance au retour.
Il est inutile d’emporter
du matériel ou des médicaments dont on ne sait pas se servir.
Cependant, il peut être recommandé d’avoir, dans les pays à
infrastructures sanitaires rudimentaires, un kit stérile à usage unique
(seringue, aiguille, voire même une tubulure de perfusion) que l’on
remettra au personnel soignant en cas de nécessité de traitement
d’urgence sur place, pour éviter les risques de contamination
infectieuse.
En dehors des pays développés, ne pas compter sur un
approvisionnement local en médicaments : il y a beaucoup de produits de
contrefaçon, sous-dosés, périmés, mal conservés, parfois toxiques. Il
faut conseiller de ne jamais acheter de médicaments sur les marchés
mais seulement en pharmacie. Il est souvent indispensable de connaître
la DCI du médicament désiré, car les noms commerciaux peuvent varier
d’un pays à l’autre.
Un contenant pratique et protecteur
Les
voyageurs doivent en principe emporter les médicaments dans leurs
boîtes afin d’éviter les confusions et les dégradations des comprimés
et les gélules sous blister s’échappent rapidement de leur emballage
s’ils sont trop malmenés).
En pratique, pour des raisons de poids et
d’encombrement, les routards et les voyageurs sportifs, qui portent
tout sur leur dos, ne suivent pas cette recommandation. Deux choix sont
alors possibles, soit une trousse souple, soit une boîte hermétique en
matière plastique.
La trousse souple est moins encombrante et
diminue de volume au fur et à mesure de l’utilisation de son contenu,
mais nécessite plus de précautions pour tout ce qui peut fuir, casser
ou être détérioré en cas de trop forte compression. Différentes marques
en commercialisent, soit vides, soit contenant du matériel de soins.
Pour
s’y retrouver facilement, on peut grouper les plaquettes de médicaments
par indications dans des petits sachets en plastique transparent :
douleurs, diarrhées, antibiotiques...
Il faut avoir une liste du
contenu de la pharmacie, dont l’utilisation sera facilitée si on note
en face de chaque nom de médicament ses indications, contre-indications
et la posologie. Cela ne dispense pas, surtout pour les produits que
l’on n’a pas l’habitude d’utiliser, d’emporter les notices qui peuvent
apporter des précisions sur certaines précautions d’emploi ou risques
d’effets indésirables. Attention, les notices de certains médicaments
vendus uniquement sur ordonnance n’indiquent pas la posologie: dans ce
cas, ne pas égarer l’ordonnance de prescription !
Pour les
antalgiques forts, certains somnifères, seringues et aiguilles, qui
peuvent poser problème au passage de frontière dans certains pays,
toujours emporter la prescription médicale (dactylographiée et traduite
en anglais).
Composition de la trousse à pharmacie
Liste maximale, à adapter à chaque voyageur.
Matériel de soins et de prévention
- Ciseaux, pince à épiler, épingles à nourrice, thermomètre.
- Compresses,
pansements, sparadrap, bande de gaze ou Velpeau pour maintenir un
pansement important, tulle gras, sutures adhésives.
Antiseptique : Compresses imprégnées (chlorhexidine ou Bétadine) ou petit flacon.
Pour les randonneurs : Pansement hydrocolloïde pour les ampoules, bande adhésive élastique ou rigide pour faire un strapping de cheville.
Pour traiter l’eau de boisson : désinfectant chimique, filtre éventuellement.
Protection solaire, sans oublier un stick labial.
Contre les insectes
en général et le paludisme en particulier : Répulsif, moustiquaire
imprégnée, diffuseur électrique éventuellement (sans oublier
l’adaptateur de prise si nécessaire) ou serpentin si l’accès à
l’électricité est aléatoire.
Chaussettes de contention pour prévenir une thrombose veineuse profonde en cas de vol prolongé en avion, surtout sur terrain prédisposant.
Préservatifs de bonne qualité.
Médicaments
- Antalgique,
antipyrétique: aspirine ou paracétamol. Le paracétamol supporte mieux
la chaleur et a moins de risques d’effets secondaires. Toujours
préférer les formes qui s’avalent, se croquent ou les lyocs, plus
pratiques en voyage que les formes à dissoudre.
- Antispasmodique pour les douleurs viscérales.
- Antiémétique.
- Antidiarrhéique
: antisécrétoire ou ralentisseur du transit (avec explications
adaptées) pour les cas bénins, en association éventuellement avec un
pansement intestinal.
Les fluoroquinolones sur prescription sont réservées pour les cas plus graves. (Attention !
Certains voyageurs possèdent encore de l’Intétrix qui ne doit plus être
utilisé dans cette indication depuis plusieurs années : Risque
d’hépatite toxique.)
- Antibiotique de réserve à large spectre selon le type de voyage, accompagné des explications adaptées et de l’ordonnance.
- Chimioprophylaxie et/ou traitement de réserve du paludisme selon prescription spécialisée.
- Collyre en monodoses contre la conjonctivite, des larmes artificielles (le sérum physiologique peut suffire).
- Crème pour les coups de soleil ou les brûlures superficielles.
- Pastilles
à sucer contre les brûlures d’estomac pour les pays à nourriture
épicée. (Attention aux anti-H2 et aux inhibiteurs de la pompe à protons
qui peuvent favoriser la turista en diminuant fortement l’acidité
gastrique !)
- Pastilles à sucer contre les maux de gorge.
- Antitussif
pour la toux sèche. Eviter pour les séjours en altitude les produits
contenant de la codéine, dépresseur respiratoire.
- Somnifère léger.
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