-
connaître et éviter les zones (ou périodes) à risques (donc bien se renseigner
avant de faire le voyage),
- employer des répulsifs sur la peau et/ou sur les
vêtements lors de séjours dans les zones ou moments à risque,
-
employer des insecticides
pyréthrinoïdes sur les vêtements (uniquement perméthrine ou étofenprox qui
a une très faible toxicité), sur les moustiquaires (OMS,1997) et tous les
autres matériaux des maisons notamment les rideaux, les grillages
moustiquaires, etc. A noter que les tentes peuvent aussi être imprégnées. Pour
les camps : les maisons peuvent être traitées, par aspersions pariétales
d’insecticides pyréthrinoïdes, mais les formulations des produits à mettre sur
les murs et sur les moustiquaires sont, et doivent être, différentes. Pour les
moustiquaires il faut ,de préférence utiliser un produit formulé en
«flow » ou « suspension capsulaire » ou « émulsion huile
dans eau » et ne pas utiliser les formulations concentrés émulsionnables
(sauf la perméthrine et l’étofenprox).
Le choix des méthodes dépend des
circonstances. Il est important de prendre des précautions et de respecter
scrupuleusement les modes d’emploi des produits surtout lorsqu’on utilise des
produits pouvant avoir des effets toxiques comme le
DEET ou «irritant »
comme les pyréthrinoïdes.
En moyenne, 16% des voyageurs utilisent
régulièrement des mesures de protection contre les moustiques. Connaissance et
observance doivent être considérées comme deux attitudes raisonnables à avoir avant, et pendant le voyage mais
aussi après en consultant dès que possible son médecin devant tout signes ou
symptômes et en précisant le lieu et les conditions du voyage.
1. Protection contre les insectes et autres arthropodes diurnes et/ou
éocrépusculaires
Les deux méthodes de base de protection
personnelle seront :
Les répulsifs peau actuellement
disponibles sont d’origine naturelle ou synthétique :
Répulsifs
d’origine naturelle :
Les huiles essentielles de citronelle
ont une durée de protection faible (1/4 d’heure à 1 heure). Il a été noté des
réactions cutanées, allergiques et photoallergiques dont il faut tenir compte.
Le
citrodiol,
extrait de l’eucalyptus, est de durée comparable au DEET ; C’
est l’alternative « naturelle » la
plus innovante et intéressante (Mosiguard ®, sur la marché français le 2
janvier 2002). De nouvelles formulations ont été récemment testées
en Côte d’Ivoire et en Tanzanie
procurant une protection de l’ordre de 6 à 8 heures contre les vecteurs du
paludisme. Une évaluation faite en Côte d’Ivoire a montré qu’une application de
1,6 mg de Mosigard/cm2 de peau permettait une protection de l’ordre de 5 à 6
heures contre le vecteur de paludisme (
An.
gambiae) et le vecteur de fièvre jaune (
Ae.
aegypti). Mais ce délai est réduit à quelques 2-3 heures en cas de sueur.
Cette étude a aussi montré qu’entre 14h et 20h un sujet non protégé pouvait
recevoir quelques 400 piqûres d’
Ae.
aegypti, mais ce chiffre n’était plus que de 2 piqûres après traitement (à
14h) avec la dose standard (et 7 avec la moitiés de la dose), démontrant alors
une efficacité de quelques 98-99% pendant 6 heures. A noter que la protection
est conservée même contre les moustiques testés résistants aux insecticides. La
protection est aussi excellente contre les
Culex
quinquefasciatus, le moustique urbain en Afrique sud saharienne
particulièrement agressif en Afrique sud saharienne (et aussi vecteur de
filariose de Bancroft en Asie du SE).
Répulsifs d’origine synthétique
Le DMP ou diméthylphtalate a une faible
durée d’action (1 heure et demi). Il est surtout employé en association
(Mousticrème ®).
L’éthylhexanédiol (Insect Ecran
enfant®) a une efficacité variable selon l’espèce visée. On peut admettre une
efficacité de l’ordre de 2 heures, altérée par les conditions tropicales. Il
est surtout employé en association et est considéré comme ayant une efficacité
particulière contre les anophèles.
Le 35 / 35 (Cinq sur Cinq ®, Prébutix
®, Moustifluid ®). Une dose de 3 ml par jambe permet d’obtenir une réduction de
plus de 85% de piqûres avec une durée de quelque 9 heures de protection. Le
produit peut donc être recommandé pour l’emploi diurne et crépusculaire. Un
indice de protection de l’ordre de 80-85% pendant 2 à 3 heures contre les
piqûres du vecteur majeur de paludisme (An.
gambiae) a été noté en Côte d’Ivoire avec du «Pré-Butix » à la dose de
2 mg/cm2 de peau, mais cette protection est fortement réduite par la sueur.
Le
DEET commercialisé depuis 1956 (aussi : Insect
Ecran ®, Repel Insect®, Mousticologne Caraïbes®) est efficace, à des degrés
divers, contre pratiquement tous les insectes et arthropodes hématophages. Mais
il faut tenir compte d’une très grande variabilité inter et intra générique
ainsi qu’inter-spécifique chez les anophèles.
On considère que le DEET répandu sur la
peau confère une protection de l’ordre de 5 à 6 heures. Cette durée est
réduite, comme pour les autres répulsifs, par l’abrasion, les conditions
tropicales, la sudation, la pluie, le lavage, etc.
Il existe des risques de toxicité
(dermato- et neuro- immuno- et systémique toxicité) et le DEET ne doit être,
préférentiellement, utilisé qu’à des concentrations inférieures à 35% pour les
adultes, et inférieures à 10-15% pour les enfants (2-12 ans), et encore de
façon très temporaire, et il n’est pas recommandé pour les enfants < 2 ans.
Le produit ne devrait pas être utilisé par les femmes enceintes. La « New
York State Department of Health’s environlmental health division » a
même proposé l’interdiction de son emploi à une concentration supérieure à 30%
et le dossier en est au stade juridique.
Le DEET ne doit pas être étendu sur des
zones sensibles, muqueuses, yeux, bouche.
Mais quoique le DEET ait globalement
une faible incidence d’effets secondaires (Brown et Hébert, 1996) vu son intense utilisation depuis 35
ans son emploi nécessite certaines
précaution et il convient d’éviter de procéder à des applications répétées sur
le corps d’un enfant ou sur une surface cutanée importante. Des tests ont récemment
montré une absorption cutanée d’environ 10% du produit sur la peau.
Plusieurs incidents dermatologiques ont
été rapportés (Von Mayenburg et Rakoski, 1983 ; Amichal et al., 1994). Des réactions bulleuses
«déconcertantes » ont été observées parmi du personnel militaire américain
au Vietnam avec des vésicules pendant 1-3 jours suivies d’une nécrose sévère
(Lamberg et Mulrennan, 1969) ; cette réaction au DDET a été retrouvée
expérimentalement, elle a été observée au niveau de la fosse antécubitale et du
creux poplité. Reuveni et Yagupsky (1982) rapportent 10 cas de telles réactions
d’éruptions bulleuses au niveau de la fosse antécubitale liées à l’usage du
DEET avec ulcération épidermique. Un syndrome de type urticaire de contact a
aussi été rapporté par Maibach et Johnson, (1975) avec une réaction de type
allergique (hypersensibilité immédiate). Une réaction immunologique de type
urticaire de contact est rapportée par Vozmediano et al., (2000). Wantke et al. (1996) rapportent un cas
d’urticaire généralisé (non immunologique) en Autriche après usage de Deet chez
un enfant dee 4 ans Ce type de réaction est aussi rapporté par Von Mayenburg et
Rakoski, (1983). Des réactions dermatologiques ont aussi été notées chez des
ouvriers travaillant dans une usine frabiquant du Deet (Prischepov et al., 1981). L’ingestion de Deet peut
provoquer de graves désordres neurologiques (Heick et al., 1988). Deux cas d’encéphalopathie mortelle reliés à un
usage intensif de Deet chez des enfants ont été rapportés (Zadicoff, 1979).
Le Deet est un excellent répulsif mais
il doit être utilisé avec le plus strict respect de leur mode d’emploi
(concentrations, âge du sujet etc.)
Une revue des répulsifs et guide pour
leur usage a été faite récemment (Brown
et Hebert, 1996) et l’Agence pour la Protection de l’Environnement (américaine)
a publié un guide pour l’emploi des répulsifs en toute sécurité.
1.2 Vêtements imprégnés
Les répulsifs sur la peau sont
efficaces, mais leur faible durée d’action et leur élimination rapide,
notamment en cas de sueur ou d’abrasion par les vêtements limite leur emploi. De plus, les piqûres peuvent survenir à
travers les vêtements, un « jean » n’empêche pas un moustique de
piquer
On peut considérer que l’utilisation
simultanée de vêtements imprégnés de perméthrine ou d’étofenprox et d’un
répulsif sur la peau (de préférence à durée prolongée) constitue une réelle
avancée dans le domaine de la protection personnelle (> 95% de protection)
contre les insectes piqueurs hématophages et les maladies qu’ils transmettent tout
en considérant qu’il n’y a pas de risque 0 et de protection absolue, et que
chez un sujet non immun une piqûre d’anophèle infecté pourrait se traduire pas
un accès palustre.
L’étofenprox et la
perméthrine en
imprégnation de vêtements procurent une protection efficace contre les
moustiques, les phlébotomes, les stomoxes et tabanides, les simulies, les
tiques, les puces, les poux, etc. Il est aussi possible d’imprégner (directement
par spray) les chaussettes ce qui procure une intéressante et efficace
protection contre les piqûres aux chevilles fréquemment enregistrées en période
vespérale
La non toxicité de ces produits en
imprégnation des vêtements a été largement étudiée avec son efficacité.
Pour faciliter l’imprégnation de
vêtements portés, il est possible de les traiter avec un « spray ».
Les vêtements imprégnés de perméthrine
ou d’étofenprox peuvent être efficaces plus d’un mois en résistant au port, aux
lavages à l’eau froide et aux conditions extérieures.
2. Protection contres les insectes / arthropodes nocturnes
« Lorsque le soleil se couche,
l’anophèle se lève ». Se protéger contre les piqûres d’anophèles constitue
la première méthode de prévention du paludisme, sans compter les arboviroses
transmises également par les espèces anophéliennes. Ni le climatiseur ni le
ventilateur ne vont tuer les moustiques, l’un les sidère, l’autre les repousse,
mais les moustiques restent.
Moustiquaires imprégnées
La meilleure méthode pour dormir en
paix, à l’intérieur comme à l’extérieur, est incontestablement la moustiquaires
imprégnée avec un insecticide pyréthrinoïde.
L’imprégnation avec un pyréthrinoïde a
plusieurs effets sur le moustique : un effet dissuassif qui limite son
entrée dans la masion, un effet excito-répulsif
qui le fait fuir ; et un effet insecticide qui l’assomme (effet
knock down) ou le tue rapidement. Ainsi, même si la moustiquaire est
partiellement trouée et faiblement imprégnée elle confère toujours un certain
degré de protection.
Les produits utilisés pour
l’imprégnation des moustiquaires sont des pyréthrinoides (perméthrine,
deltaméthrine, lambdacyhalothrine, cyfluthrine etc) ou un pseudo-pyréthrinoide
(étofenprox).
La technique de base pour
l’imprégnation d’une moustiquaire est extrêmement simple. Chaque lavage diminue de 50% la concentration du produit
(Hougard).
Correctement imprégnée une moustiquaire
est efficace plusieurs mois, on admet 6 à 8 mois. Il est possible également
d’imprégner les rideaux et voilages, ainsi que les tentes : tous les
matériaux peuvent être imprégnés avec un pyréthrinoïde.
Il existe des présentations avec spray
qui permettent de traiter facilement.
Des moustiquaires préimprégnées (Pharma
Voyage®, Modul Aid®, Cinq sur cinq®, Mousticologne®) sont disponibles en
pharmacie.
Une importante avancée technologique
vient d’être faite avec les moustiquaires industriellement imprégnées à longue
durée d’action (« long lasting nets ») et résistantes à plusieurs
lavages comme par exemple la Olyset Net (où la perméthrine est intégrée au
polyéthylene constituant la « fibre ») ou la Permanet (où la
deltaméthrine est « collée » à la fibre en polyester) etc
Conclusion
Les méthodes de protection relèvent de
l’emploi :
* de répulsifs, directement sur la peau
ou sur les vêtements
et / ou
* de l’imprégnation par pyréthrinoïde
des vêtements, de la moustiquaire de lit, des grillages, des moustiquaires de
fenêtres, des rideaux, de la tente, etc.
Contre les insectes piquant le jour ou
le soir, l’emploi des répulsifs et des vêtements imprégnés d’étofenprox ou de
perméthrine doit être recommandé. Contre les insectes piquant la nuit :
* à l’intérieur la meilleure protection
est constituée par la moustiquaire de lit bien imprégnée.
* à l’extérieur il est recommandé d’utiliser
l’association répulsif peau + vêtements imprégnés d’étofenprox ou de
perméthrine.
De façon générale, on peut recommander
les produits et concentration suivantes :
citradiol à % (efficacité 4-6 heures) (Mosiguard® naturel) ; DMP à 40% (efficacité 1h30) (Mousticrème®);
EHD à 30-50% (efficacité 2 heures) (Insect Ecran enfant®) ; 35/35 à 20-30%
(efficacité 5-6 heures sur les vecteurs de paludisme) ;
DEET à 35%pour les
adultes et moins de 15% pour les enfants et sur de courtes périodes, déconseillé
pour les femmes enceintes (efficacité 4-6 heures) (Insect Ecran adulte® ;
Repel Insect® ; Mousticologne ®).
En prenant des précautions simples mais
en respectant scrupuleusement les modes d’emploi des produits, il est possible
de réduire au minimum les risques de maladies à transmission vectorielle.